La révolution numérique transforme-t-elle les droits et libertés fondamentaux au point den faire émerger une nouvelle catégorie ? On peut de prime abord en douter dès lors quil est possible de se livrer à une interprétation évolutive dun droit fondamental. Traditionnellement donc, les droits fondamentaux existants suffisent à résoudre des difficultés inédites liées à la numérisation de la société. Et pourtant... létude révèle que de nouveaux droits fondamentaux, exclusivement dédiés à la sphère numérique, sont consacrés en France et aux États-Unis. Ces droits et libertés du numérique présentent plusieurs spécificités, et ce en dépit de leur arrimage au droit au respect de la vie privée ou à la liberté dexpression. Dune part, ils bénéficient dune logique conceptuelle distincte de celle des droits classiques. Dautre part, ils répondent à un régime juridique original qui implique de les analyser comme des droits fondamentaux différents.
Ainsi, le défaut apparent dautonomie des droits et libertés du numérique ne saurait conduire à sous-estimer leur intérêt juridique, dautant que leur rattachement aux droits classiques nuit à la protection de leurs titulaires. En effet, le raisonnement par analogie privilégié par les institutions juridiques françaises et américaines donne souvent lieu à des solutions inadaptées. Ce travail comparatif consiste à rechercher, dans deux espaces juridiques a priori opposés sur la question, ce qui pourrait fonder lautonomie des droits et libertés du numérique.