La mondialisation a progressivement vidé la souveraineté de sa substance, plongeant lÉtat dans une profonde crise didentité. Parallèlement, on assiste à la montée en puissance de concurrents de lÉtat, revendiquant, au nom de la gouvernance, la levée de sa mainmise sur un droit international public dont les paradigmes sont en pleine évolution. Dun droit jadis centré sur lÉtat, il se transforme progressivement en un « droit commun » de la mondialisation. Première organisation internationale à vocation universelle créée après la fin de la Guerre froide, lOrganisation mondiale du commerce (OMC), dotée dun mécanisme de règlement des différends inédit, est venue bousculer la configuration de la matrice institutionnelle internationale, articulée autour de lOrganisation des Nations Unies (ONU). Si le droit de lOMC est un exemple phare des avancées qui sont possibles quand les États acceptent de se plier aux règles du multilatéralisme, lenthousiasme des premières années a désormais fait place aux réalités politiques dun monde marqué par le retour de reflexes unilatéralistes. Les grilles de lecture convenues ne permettent plus de saisir lévolution dun droit international qui oscille entre des pôles contradictoires. La compréhension des changements induits par la mondialisation exige une approche holistique du droit et de la gouvernance. Dans un tel contexte, lOMC se présente comme un point de repère idéal.